Les questions du mois

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Question de : Hocine (_ ans)

La question : Est-ce que la pompe est contre-indiquée pour certaines activités professionnelles ? Quelles conditions doit remplir le patient DID pour pouvoir la porter ?

Réponse du diabétologue

Les indications de la pompe à insuline, précisées par les sociétés savantes et l’assurance maladie, se posent selon l’équilibre glycémique. La pompe à insuline externe s’adresse à tout patient diabétique de type 1 ou de type 2 dont le niveau glycémique moyen (reflété par l’HbA1c) n’est pas optimal malgré une prise en charge adéquate (traitement en général basal bolus, glycémies capillaires répétées et éducation thérapeutique à l’auto-ajustement du traitement) ou s’effectue au prix de trop d’hypoglycémies modérées ou d’hypoglycémies sévères. La pompe à insuline n’est pas spécifique à certaines activités professionnelles mais peut être facilitante par la liberté des horaires qu’elle confère par exemple dans le travail posté ou les voyages fréquents et par les possibilités fines et réactives d’ajustement des doses dans certains métiers physiques par exemple. De rares professions contre indiquent la pompe à insuline au-delà de la contre-indication de l’insulinothérapie elle-même ; certains métiers s’exerçant sur des plateformes pétrolières où le port d’un téléphone portable est également interdit. Ceci reste une situation exceptionnelle. D’autres professions comme « ascensoriste » peuvent nécessiter des précautions ou un choix de pompe/cathéter/accessoire particulier mais cela se discute au cas par cas.

Question de : Joelle (_ ans)

La question : Quand arriverons-nous à avoir une pompe à insuline qui lise le taux de glycémie toute seule sans l'intervention des dextros ? Ma petite fille à 4 ans et depuis 2 ans elle vit ce calvaire, surtout le changement de cathéter qui se répète trop souvent. J'ai tellement mal pour elle.

Réponse du diabétologue

Les systèmes de mesure et lecture en continu du glucose sous cutané existent mais ne sont pas encore pris en charge par l’assurance maladie. Ils nécessitent le port d’un outil supplémentaire sur la peau dont l’encombrement et la mise en place s’apparentent à celle d’un cathéter de pompe (sans tubulure). Ce capteur de glucose est à changer tous les 6 à 14 jours selon le système utilisé. Ils affichent l’estimation de la glycémie accompagnée d’une notion dynamique : flèche de tendance indiquant le sens (et la vitesse) de variation de la glycémie et profil glycémique sur les dernières heures sous forme de courbe. Ils peuvent être couplés à une pompe à insuline ou utiliser un moniteur indépendant de la pompe. Le capteur Free Style Libre®, arrivé sur le marché il y a environ 1 an, fonctionne 14 jours sans nécessiter de glycémie capillaire. Il n’est pas couplé à une pompe à insuline. Les 3 autres outils actuellement disponibles nécessitent quelques glycémies capillaires sur la durée de fonctionnement du capteur pour « l’étalonner ». Le capteur Medtronic couplé avec la dernière pompe 640G® permet d’interrompre, automatiquement et par anticipation, la diffusion d’insuline pour éviter d’atteindre un seuil glycémique bas préprogrammé. Par contre, il n’existe encore aucun ajustement automatique des doses d’insuline administrées par la pompe à partir de la mesure en continu du glucose. Ceci fait l’objet d’études. Un des systèmes, qui peut être couplé ou non à une pompe, le Dexcom G4 platinum® est validé à partir de l’âge de 2 ans. Le coût mensuel du consommable est d’environ 120 à 300 euros selon le système (sans compter le coût du système lui-même)

Question de : Jacqueline (_ ans)

La question : Je suis sous pompe à insuline depuis 2 mois et les résultats de ma glycémie sont catastrophiques. Le schéma basal a été modifié il y a un mois avec l’aide d’une infirmière de la Pitié Salpétrière. Quelles précautions faut-il prendre au niveau de la tubulure afin d’être certain que l’insuline circule bien ? Est-ce que le cathéter peut -être placé dessous une ceinture de vêtement ? La tubulure doit-elle être libre de toute contrainte ?

Réponse du diabétologue

Les précautions d’ordre technique concernant la perfusion et diffusion de l’insuline sous pompe externe sont : - L’insertion du cathéter dans une zone exempte de lipodystrophie qui rend la diffusion de l’insuline aléatoire - L’insertion du cathéter en sous cutané avec une technique correcte (pour éviter par exemple que la canule – partie sous cutanée du cathéter-  ne se coude ou se mette en accordéon) et un cathéter adapté à la morphologie de chacun - remplir le réservoir doucement et avec une insuline à température ambiante pour limiter la formation de bulles a postériori dans le réservoir et purger la tubulure puis la canule. En effet l’air prendrait la place de l’insuline et vous ne recevez pas la totalité de la dose programmée par exemple. - la canule et la tubulure doivent être libres de fortes contraintes mais le cathéter est assez souple et résistant généralement. Un cathéter placé juste au niveau de la ceinture est exposé à un risque accru d’inflammation au point de ponction qui générait la diffusion de l’insuline. Certains accessoires facilitent le port de la pompe et sont proposés par les prestataires. - Les pompes à insuline sont des outils de précision mais on ne peut jamais être totalement sûr de la diffusion parfaite et permanente de l’insuline dans la tubulure. Il peut y avoir aussi des lots de cathéters « défaillants »  mais en général, un accident technique entraîne une hyperglycémie plutôt aigue. Il est donc important de poursuivre l’ajustement des doses d’insuline si les résultats glycémiques sont jugés insuffisants et si besoin de contacter le médecin qui a posé l’indication de la pompe.