Notre position

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FFD_logoLorsque la communauté scientifique et médicale a démontré le bénéfice médical de la thérapie par pompe à insuline, la Fédération Française des Diabétiques s’est aussitôt engagée pour que le coût de cette thérapie soit accessible au plus grand nombre.
Tout le monde n’était pas convaincu, à l’époque, du bien-fondé de cette démarche. Mais pour nous, cette thérapie amenait une amélioration de la qualité de vie et donc devait être prise en charge.

En 2000, nous sommes intervenus auprès du Ministère de la Santé pour que les pompes externes soient remboursées par l’Assurance maladie.

En 2003 nous avons participé à l’élaboration d’un cahier des charges pour l’inscription à la LPPR *, négociations difficiles qui ont abouti en août 2006.

Une étude nationale

Pour appuyer cette inscription, la Fédération Française des Diabétiques s’est lancée, durant le premier semestre 2005, dans une étude quantitative sur l’accès à la thérapie par pompe externe. Il était en effet nécessaire de disposer d’une image réelle de la situation sur l’ensemble du territoire français

Répartition inégale des centres

Nous avons relevé une répartition extrêmement inégale et hétérogène sur le territoire français : de un à six centres par région. Dans la Nièvre ou en Corrèze, le nombre de patients porteurs de pompe à insuline approchait les 10 %, alors qu’en Corse, il n’y avait pas de porteur de pompe, puisqu’il n’y a pas de centre prescripteur.

Un besoin d’information et d’échange sur la pompe à insuline

Aujourd’hui, plus de 35 000 patients sont munis d’une pompe. On peut estimer que 80 000 d’entre eux répondent aux critères médicaux et pourraient donc en bénéficier.

Face à ces résultats et constatations, et pour répondre aux nombreuses questions qui lui sont régulièrement posées, la Fédération Française des Diabétiques, soutenue par l’ensemble de ses associations fédérées, a souhaité proposer aux personnes désireuses de se renseigner sur cette thérapie un lieu unique d’informations fiables et validées.

Le site « La pompe à insuline, parlons-en ! » a donc été réalisé pour tous les patients diabétiques. Il a pour objectif de vous permettre d’échanger entre vous et avec des experts et devenir ainsi acteur de votre santé.

Nous comptons sur votre participation car ensemble, nous sommes plus forts face au diabète !
* LPPR : Liste des produits et prestations remboursables.

Une innovation thérapeutique : la lecture du glucose en continu

La Fédération Française des Diabétiques a diffusé un communiqué de presse à ce sujet le 16 janvier 2014 :

Plusieurs études démontrent que cette innovation est une avancée majeure pour la sécurité et la qualité de vie des patients.

« Les résultats des premières expérimentations déjà publiées montrent que les bénéfices obtenus sont à la hauteur des espérances placées dans cette innovation. […] Aujourd’hui, l’innovation doit permettre aux personnes qui ont un diabète de mieux vivre. La lecture du glucose en continu, et très bientôt le pancréas artificiel, sont des priorités dont les patients doivent bénéficier sans retard. »

Lire l’intégralité du communiqué de presse « Les diabétiques français n’auraient pas droit à l’innovation thérapeutique »

En savoir plus

La mesure du glucose en continu

La pompe à insuline, une nouvelle arme dans l’arsenal thérapeutique du diabète de type 2

La pompe à insuline est un traitement validé pour le DT1 lorsque l’équilibre glycémique reste instable et/ou l’hémoglobine glyquée élevée malgré une insulinothérapie intensive. L’intérêt d’un traitement par pompe à insuline dans le DT2 est moins connu et la pompe peu utilisée.

Le Professeur Yves Reznik reprend les résultats de l’essai OPT2MISE sur l’intérêt du traitement par pompe du DT2 chez la personne diabétique de type 2.

Situation antérieure à l’essai opt2mise

Les stratégies européennes et américaines pour le traitement du diabète de type 2 n’intègrent pas l’utilisation de la pompe à insuline. Elle est cependant utilisée dans le traitement du diabète de type 2 dans certains pays européens où son remboursement est pris en charge par les pouvoirs publics. Son utilisation reste le plus souvent limitée à des situations d’équilibre glycémiques précaires avec insulino résistance extrême.

Avant l’essai OPT2MISE, il existait des arguments intéressants en faveur d’une utilisation plus large souvent pour des patients présentant une obésité morbide, un syndrome métabolique et une insulino résistance sévère. Cependant, jusqu’en 2014, le critère rationnel de l’utilisation de la pompe restait fragile, reposant sur un nombre restreint d’études aux résultats discordants. Celles-ci souffraient de petits effectifs numériques et n’utilisaient pas systématiquement les analogues de l’insuline lents et rapides comme comparateur.

L’essai opt2mise

L’essai multicentrique international OPT2MISE publié dans le journal Lancet veut répondre à ces questions :

  • Les avantages de la pompe sont-ils supérieurs aux bénéfices traitement par multi-injections ?
  • Dans quelles indications ?
  • Chez quel type de patient ?

L’étude inclut dans une phase d’optimisation de 8 semaines 495 patients traités par un schéma basal bolus. 168 patients sous pompe et 163 patients sous multi-injections ont participé à la première phase de l’étude. Après 6 mois, l’HbA1c avait baissé de 1,1% sous pompe contre 0,4% sous multi-injections. Au final, 55% des patients ont atteint l’objectif d’une HbA1c <8% sous pompe contre 28% en multi-injections.

« Il a été établi que l’avantage de la pompe était particulièrement marqué lorsque l’HbA1c initiale était > 8,5% alors qu’il s’avérait modeste et non significatif lorsque l’HbA1c initiale était <8,5% ».

Démonstration apportée par l’essai

« OPT2MISE démontre qu’une utilisation ciblée de la pompe permet d’améliorer le contrôle glycémique chez les patients obèses insulinorésistants en échec d’une insulinothérapie basal/bolus intensifiée, positionnant la pompe comme un recours efficace dans l’arsenal thérapeutique du DT2 ».
Qu’en est-il de l’efficacité au long cours du traitement par pompe ?

La pompe apparaît comme un traitement efficace et sûr pour les contrôles de l’hyperglycémie, les études d’observation suggérant une durabilité de son action sur l’équilibre glycémique.

Conclusion

« L’étude OPT2MISE a permis de préciser la typologie du patient bon répondeur à la pompe : il s’agit d’un patient en surpoids ou obèse, dont l’hémoglobine glyquée reste >8% malgré de fortes doses d’insuline ».

Source : La pompe à insuline Une nouvelle arme dans l’arsenal thérapeutique in Diabète & obésité novembre 2014 vol.9, numéro 83, p. 250 à 252.

Le point de vue de la Fédération Française des Diabétiques

On connaît la complexité de la prise en charge des personnes diabétiques de type 2. Leur maladie, à évolution lente, nécessite des stratégies médicamenteuses variées en fonction des cas et pour certains l’insulinothérapie seule ou combinée est une réponse à leurs besoins. L’insulinothérapie par pompe apporte donc une réponse positive à certains d’entre eux. Cela passe bien entendu par une décision partagée avec le spécialiste et l’obligation de suivre un programme d’éducation thérapeutique et d’accompagnement.

Pour la Fédération Française des diabétiques, toute stratégie qui améliore la qualité de vie des patients doit être proposée. La pompe fait partie de ces avancées technologiques qui permettent aux personnes atteintes de diabète de type 2 d’améliorer leurs conditions de vie.